L’Algérien Saïd Djinnit, représentant personnel du secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest (UNOWA), a reconnu hier à Dakar des «difficultés» dans le processus électoral en Côte-d’Ivoire, mais reste optimiste quant à la tenue de la présidentielle durant le premier semestre 2010.
«Pour la Côte-d’Ivoire, nous faisons face à une difficulté énorme suite aux problèmes soulevés récemment autour des listes électorales et du rôle prétendu de la Commission électorale indépendante (CEI)», a déclaré M. Djinnit qui s’exprimait à la cérémonie de lancement du répertoire des institutions œuvrant dans le domaine des droits de l’homme en Afrique de l’Ouest. Vendredi dernier, la justice ivoirienne a relevé dans son enquête visant la CEI des «fraudes manifestes» dans l’élaboration de la liste des votants. L’enquête a été diligentée suite à la polémique qui a éclaté, il y a un mois, autour de la CEI, accusée de «fraude» par le camp présidentiel. Le président de la CEI, M. Robert Beugré Mambé, est accusé d’avoir voulu incorporer frauduleusement dans le fichier électoral plus de 400 000 personnes.
Toutefois, le représentant de M. Ban Ki-moon s’est dit «confiant» qu’avec l’aide du médiateur dans la crise de ce pays d’Afrique de l’Ouest, le président Blaise Compaoré, «les parties ivoiriennes sauront trouver une solution consensuelle aux problèmes qui ont été soulevés récemment autour de ces listes électorales».
«Il (le président Compaoré) compte réunir les parties ivoiriennes et je suis confiant qu’il saura promouvoir une solution consensuelle sur cette situation, laquelle ne portera pas, j’espère, préjudice au processus de règlement enclenché en Côte-d’Ivoire», a dit M. Djinnit. «Notre espoir est grand que 2010 connaîtra la tenue des élections dans ce pays», a ajouté le responsable onusien.
Suite à ce différend autour des listes électorales, le Premier ministre ivoirien, M. Guillaume Soro, s’est rendu à Ouagadougou où il a rencontré le facilitateur du dialogue inter-ivoirien.
«L’essentiel pour l’heure n’est pas le respect de la date électorale mais de régler les problèmes à la satisfaction de tous et surtout de privilégier le dialogue, la réconciliation et la paix en Côte d’Ivoire», a, pour sa part, déclaré M. Soro.
Le plan de sortie de crise en Côte-d’Ivoire est contenu dans l’accord politique conjoint de Ouagadougou signé entre le camp présidentiel et les anciens rebelles des Forces nouvelles (FN) de Guillaume Soro, actuellement Premier ministre du pays. R. N. |