Héros de tout un peuple un soir historique du 18 novembre 2009, Rabah Saâdane a perdu, en moins d’une année, tout le capital sympathie des Algériens. Sa démission d’avant-hier n’est que la résultante logique de plusieurs mois d’errements.
Cette démission est survenue au lendemain du match nul avec la Tanzanie à Blida pour le compte de la première journée des éliminatoires de la CAN 2012, considéré par la majorité comme le ratage de trop. Pourtant, le premier responsable technique avait évacué toute idée de démission lors de la conférence de presse d’après match, abordant même l’avenir de l’équipe nationale, avant de changer d’avis lors de la nuit de vendredi à samedi et de déposer sa démission, qui a été acceptée par le bureau fédéral de la Fédération algérienne de football, mettant ainsi fin au nouveau contrat liant les deux parties depuis la mi-juillet 2010. A noter que seul Rabah Saâdane a quitté ses fonctions, ses adjoints étant toujours en place à l’heure où nous mettons sous presse, loin de faire bloc autour de celui qui les a pourtant soutenus contre vents et marées.
C’est donc une nouvelle étape qui s’ouvre à l’équipe nationale qui se doit d’être dotée d’un staff technique de qualité et surtout afficher de la rigueur devant des comportements à bannir.
En effet, les fans et les connaisseurs veulent voir un coach non seulement bon sur le plan tactique, mais aussi capable de recadrer des joueurs qui ont pris la grosse tête depuis le fameux match d’Oum Dormane. Des mariages en plein stage, des virées publicitaires au milieu des regroupements ont été le lot des Verts depuis quelques mois, transformant les lieux de préparation en véritable auberge espagnole.
Une attitude qui se traduit sur le terrain par une anarchie dans le jeu, chacun voulant être le sauveur pour s’offrir les faveurs du public, oubliant que le football est un sport collectif. Un détail que rares sont ceux qui l’oublient en club. Il faut aussi reconnaître que certains éléments ont toujours été titulaires, même en période de méforme chronique, jamais remplacés pour rendement catastrophique et encore moins pour changement tactique, toujours figés par le choix des joueurs et jamais le contraire.
Des noms circulent déjà pour la succession de Rabah Saâdane. Le président de la FAF, Mohamed Raouraoua, a avancé que le nom du prochain sélectionneur sera connu la semaine prochaine, soit à trois semaines de la sortie des Fennecs en République centrafricaine pour la seconde sortie des Verts.
Une rencontre qu’aura à driver l’actuel entraîneur des A’ Abdelhak Benchikha sous l’œil observateur de l’éventuel nouveau patron des Verts, qui aura la lourde mission de remettre sur rails une équipe truffée de bons joueurs mais complètement à côté de son sujet.
Il reste à savoir quel sera le budget alloué pour le recrutement d’un coach de qualité car, à
20 000 euros, il est sûr que ce sera du second choix.
Khaled A. |